mercredi, 20 juillet 2005
Rien n'est acquis
Reprendre le fil de mon périple ou faire le bilan de ma semaine parisienne, ce ne sont pas les sujets de notes qui manquent.
"The Arcade Fire" dans les oreilles, je crois que je vais choisir une troisième voie, c'est à la mode. Lors de ma semaine, j'ai revu un vieux pote avec qui nous avions écumé les pubs écossais lors d'une compétition internationale. Une semaine inoubliable, sur un parcours mythique avec un mec que je connaissais à peine et qui qui allait radicalement me transformer.
C'est un homme d'une rare humanité, toujours respectueux des gens qu'ils soient petits ou puissants doté d'une écoute hors normes et, à ses côtés, durant les 10 jours de la compétition, j'ai reçu de sa part de grandes leçons de vie. Je me rappelle encore nos entrées dans le club house select de Carnoustie, tel deux amis de longue date marchant d'un même pas. Il faut dire que nous sommes bâtis sur le même format : 1m80 sous la toise, larges d'épaules et de mains, luttant ardemment pour ne pas passer la barre des 90kg ne dégustant que 2 Singles Malts par jour.
La semaine dernière je l'ai revu, lui si rayonnant, désemparé. Il vit avec une femme magnifique et la renarde et moi trouvons qu'ils s'entendent et se complètent à merveille. Pourtant il m'a simplement raconté qu'à la fin de ce mois, il faisait sa valise. Ils se quittent ! Il ne veut pas lui en vouloir mais ne supporte plus de vivre en colocataire à ses côtés. Il le dit simplement: leurs chemins s'écartent, les liens se distendent si bien que les plus ténus se brisent sans heurts ni fracas. Et un beau jour, ce qui mît 18 années à se batir se délite en moins d'une année.
Lui croyait pourtant pouvoir démentir l'adage qui veut qu' "un bon coach est un coach divorcé", et j'aurais misé ma chemise sur eux deux. Il faut dire que ce métier est tellement riche émotionnellement qu'exerçé avec passion, beaucoup s'y consument.
Alors je vais rester vigilant et puis la passion, je connais ! Mes limites, je pense que je les connais, je les ai même repoussées prêt à en crever.
J'ai connu l'élévation qui fait que l'horizon s'élargit tellement qu'on s'y perdrait presque. J'ai connu ce sentiment de toute puissance qui vous donne cette impression que rien ne peut plus vous atteindre ni vous détruire et j'ai connu l'amour qui vous maintient le sourire au lèvres toute une journée.
Mais ce qui caractérise avant tout la passion, c'est l'amplitude des sentiments et donc, proportionnellement à cette élévation venait toujours la chute. Je la sentais venir par une simple dissonnance. J'étais un superbe piano mais à quoi pouvais je bien servir si une seule de mes cordes se désaccordait ?
Et là, toute votre puissance, vous la retournez contre vous, elle finit par vous peser et inéxorablement on finit par s'enfoncer. Ce qui était lumineux devient obscur, le bienheureux se change en dur. C'est devenu une arme de destruction massive. Avant qu'il ne soit trop tard, il faut écarter les gens qu'on aime, les protéger car aprés, je n'étais que haine contre moi-même et contre la terre entière. Finalement, le respect comme la crainte proviennent de la même source et la jouissance finit par être similaire.
Avec mon pote, un regard nous a suffit alors qu'il était encore au milieu d'une cour qui l'adule. Je suis parti mais il sait que je sais où il en est, qu'il aura toujours une assiette à ma table, un lit pour dormir et une main tendue.
Il y a longtemps que je n'ai plus peur du noir...
01:04 Publié dans Dans l'air du temps | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
samedi, 09 juillet 2005
On the road again
La saison bat son plein et les échéances tentent de me faire oublier les merveilleux moments passés chez les "sauvages américains". Je résiste pourtant mais inéxorablement, les évènements qui s'annoncent grignottent lentement nos mémoires.
Il est temps de revenir dans le présent, anticiper un avenir plutôt copieux en terme de charge de travail.
Les qualifications pour les championnats de France Jeunes sont closes et c'est une douzaine de nos meilleurs espoirs que j'emmène à St Quentin en Yvelines sur le site de l'Open de France. 10 jours d'attentions, d'écoute, de coups de gueule parfois où je deviens le gestionnaire de l'euphorie comme des détresses afin que ces garçons comme ces filles apprennent à mieux se connaître et retiennent le bon de ces moments passés sous haute tension.
Avant cela, un court passage dans la Sarthe histoire de dépoussiérer mes clubs sur un parcours où je fus prof, une ville où je me suis marié. J'espère que ça ne va pas tourner au pelerinage...
Tout ça pour dire que je ne donnerais probablement pas de mes nouvelles avant une bonne dizaine de jours
00:23 Publié dans A propos de golf | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mardi, 05 juillet 2005
En voiture Simone
Passons sur les 15 heures d'avion, malgré notre excitation, c'est toujours pour moi une corvée que de passer des heures le cul dans un fauteuil, même à 10 000 pieds.
Escale à San Francisco qui daignera soulever ses habits nuageux afin de nous laisser entrevoir sa baie et ses ponts et puis Las Vegas. La banlieue gagne sur le désert mais mis à part le Strip, c'est lui qui colore la ville. tout est couleur sable, foncé puis clair mais sable toujours et écrasé de chaleur. Il est 18h heure locale et nous avons remonté le temps de 9 heures.
Nous réussissons à tenir jusqu'à 22h30 avant d'aller nous coucher. Et puis à 3h30 du matin, la majorité du groupe est debout et l'animation à Végas bat son plein. Certains n'ont pas fermé l'oeil mais le petit déjeûner est vite expédié, 14 motos attendent ! A 11h30, tout le monde chevauche sa belle.
Nous n'avons pas trouvé de meilleure idée que de se faire le Strip surchargé aux heures les plus chaudes de la journée. Le V-Twin est fait pour les grands espaces, dans les embouteillages, il tente de vous transformer les testicules en raisins secs et c'est finalement avec un grand soulagement que nous quittons Las Végas la chaude, direction sud-est.
Au programme du jour, le barrage de Hoover Dam qui permet d'alimenter Végas en électricité et en eau même si ça doit laisser le Nouveau Mexique complètement à sec. Et puis, le groupe prend la mythique route 66 où nous faisons un bond de 50 ans en arrière.
L'eau n'est pas courante et certaines habitations sont tellement au milieu de nulle part qu'il ne faut indéniablement pas s'aimer pour vivre dans le coin. Et pourtant c'est ici que nous rencontrerons des gens adorables. A conditions de vie difficiles et nature hostile, entraide facile...
Au bout de 300 bornes, nous poserons les valises à Kingman dans un pur motel au bord de la 66 et la piscine s'il vous plait. Aprés vous madame...
00:02 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
jeudi, 30 juin 2005
Y'a d'la joie
A peine rentré qu'il va me falloir repartir.
Mais cette fois, il n'est plus question de vacances. Rien de tel qu'un bon week-end de taf pour me ramener les pieds sur terre.
Néanmoins, je pars en moto. J'entends bien goûter ce plaisir même si un Flat-Twin BMW ne procure pas les mêmes sensations qu'un V-Twin Harley. Demain, peu aprés l'aube, je vais encore m'enfiler du bitume durant 3 heures, quittant l'autoroute aprés Tours pour me faire la vallée de la Loire, seul, libre et heureux.
Elevé dans le culte du travail, moi qui, il n'y a pas si longtemps, culpabilisais lorsqu'il m'arrivait de prendre des congés, je goute à la vie avalant goulûment les plaisirs qui passent à ma portée.
Si je préfère oublier mes vingt ans, mes 40 resteront comme un tournant.
23:45 Publié dans Dans l'air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mardi, 28 juin 2005
I'm back
10 jours trop courts viennent de passer pour fêter 10 ans de vie commune avec la renarde.
10 jours chargés de plein de bonnes choses et qui resteront comme des instants riches d'une vie.
Des paysages à couper le souffle, un groupe et des expériences riches en relations humaines, des américains souriants comme les grands enfants qu'ils sont et les battements mythiques d'un V-Twin Harley-Davidson.
Ma renarde aurait bien signé pour une deuxième semaine, c'est dire si c'était bien. Elle, pourtant, qui était pleine d'appréhension à l'idée de mettre les pieds dans un pays diabolisé par la presse. (Peut-être que de l'autre côté de l'atlantique, les hommes politiques et la presse sont aussi déconnectés de la vraie vie que chez nous)
D'accord, nous étions dans le sud profond mais là-bas, casques et blousons pouvaient rester sur les motos sans craintes. Les flics nous en avons croisé et la seule fois où nous avons eu affaire à eux, c'était pour dépanner une de nos motos en manque de carburant. 1 gallon d'essence que nous n'avons même pas payé !
Et puis toujours un "bonjour" agrémenté du sourire, la conversation que s'entame à la moindre sollicitation avec cette curiosité dénuée de méfiance comme de malveillance des américains que nous avons pu rencontrer.
Et enfin, le plaisir de partager une passion commune, tailler le bout de route avec le bistrotier biker comme le suisse snobinard et friqué car ce qui prime avant tout, c'est sentir les deux gros pistons du V-Twin vous culbuter l'entre-jambe.
10 jours de pur plaisir, quoi !

01:35 Publié dans Dans l'air du temps | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note







